Aéroport de Casablanca

RAM: Un week-end noir pour les passagers appelé à se répéter ?

Publié le 06/08/2018
 Trois semaines après le début du mouvement de protestation des pilotes de l’AMPL, les perturbations ne cessent de s’aggraver pour les passagers. Lors du week-end du 4-5 août, l’aéroport de Casablanca a connu une vingtaine d’annulations de vols qui ont entrainé de nombreuses pertes de bagages. Selon une source de la RAM, se déclarant impuissante, les incidents vont se répéter dans un aéroport déjà saturé en termes de capacité d’accueil.

«Notre compagnie est dans de sales draps et la situation empire de jour en jour». C’est en ces termes qu’une source de Royal Air Maroc, travaillant à l’aéroport de Casablanca, appréhende la crise qui a démarré mercredi 18 juillet et qui, selon lui, ne présente aucun signe de résolution à court terme.

«Les négociations entre notre direction et l'AMPL sont rompues depuis une semaine et plus les jours passent, moins la situation devient gérable surtout à l’aéroport Mohammed V.

Ainsi, le week-end a été particulièrement pénible pour les passagers avec 10 vols annulés samedi et 9 dimanche sans parler des très nombreux retards.

"Le problème est que les passagers ont été avisés au dernier moment des suppressions et que ceux qu’on a finalement pu transporter, avec plusieurs heures de retard, dans quelques avions affrétés en urgence ont perdu la trace de leurs bagages enregistrés dans les vols annulés», se désole notre source qui affirme que la RAM n’avait pas besoin de ce problème en plus.

«Les pertes de bagages qui sont de la responsabilité de la RAM (et pas de l’ONDA) s’expliquent par un manque de traçabilité entre les vols supprimés et ceux remplacés où les passagers ont été répartis. Pour les récupérer, ces derniers n’ont d’autre choix que de s’adresser au service litige de notre filiale RAM Handling.

"Cette situation qui touche surtout les vols à destination ou en provenance des aéroports parisiens d'Orly et de Charles de Gaulle risque de nous coûter très cher à l’avenir, en termes d’image mais aussi de rentabilité.

"Avec 9 nouveaux vols annulés ce lundi 6 août, on ne voit pas le bout du tunnel et devant le silence de notre hiérarchie, les employés s’interrogent sur la viabilité de la stratégie de pourrissement adoptée de part et d’autre.

"Ce qui est sûr, c’est que le personnel au sol commence vraiment à fatiguer sachant qu'il est en front-office et doit gérer la colère des passagers», dénonce notre interlocuteur qui avoue ne plus maîtriser la situation aux guichets voyageurs de l'aéroport et n’avoir aucune réponse crédible aux interrogations des voyageurs bloqués à l’aéroport.

Entre le bras-de-fer des pilotes avec la direction de la RAM qui a entraîné la suppression de 140 vols (depuis le début du mouvement de l'AMPL) et un aéroport aux capacités d’accueil saturées depuis 2017, RAM est confrontée à une des pires crises de son existence qui devrait se traduire par des pertes importantes à la clôture de son exercice comptable.

Pour la première fois depuis sa nomination en 2016, le président Abdelhamid Addou doit gérer une crise  qui fera certainement de gros dégâts à sa compagnie.

Ainsi, en termes d’image, la RAM risque de perdre, à l'avenir, beaucoup de clients, très actifs sur les réseaux sociaux pour dénoncer le silence du service clientèle, sans compter la quasi-certitude d’aboutir à un résultat déficitaire à la fin de son exercice fiscal le 31 octobre prochain contre 100 millions de DH de bénéfices lors de l’exercice 2016-2017

De plus, depuis l’ouverture de l’open-sky en 2006, la compagnie est confrontée à la forte concurrence des low-cost qui grignotent inexorablement ses parts de marché et ses bastions traditionnels (Rabat ...).

Dans une récente déclaration accordée à Médias24, le président Addou avait en effet affirmé que l’avenir et le salut de l'entreprise passaient par le maintien de son monopole sur le hub international de l’aéroport Mohammed V.

Avec cette crise qui est bien partie pour durer tout le mois d’août, l’Etat sera certainement forcé de mettre la main à la poche pour colmater ses futures pertes financières mais il faudra attendre que le Chef de l’exécutif accepte de valider le contrat-programme qui traîne depuis au moins 2 ans dans ses tiroirs.

A moins qu’il ne valide l’entrée de Qatar Airways  dans son capital pour doubler sa flotte et améliorer le service, la compagnie est effectivement pour l’instant dans de «beaux draps».
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